Tarot avant un entretien d'embauche : un tirage à 3 cartes pour clarifier l'esprit
La veille d'un entretien d'embauche, il y a souvent ce moment fléchi entre l'envie de tout maitriser et la sensation de ne plus rien contrôler. Tirer le tarot à cet instant n'est pas une superstition ni une assurance supplémentaire. C'est un geste qui aide à poser ce qu'on porte avant d'entrer dans la pièce.
Le tirage en bref
Trois cartes, la veille au soir, dans cet ordre :
- Carte 1 — Ce que je porte en moi en allant à cet entretien.
- Carte 2 — Ce que je dois laisser à la porte.
- Carte 3 — Ce que je veux montrer.
Le tarot ne prédit pas si tu seras pris·e. Il t'aide à entrer dans la pièce avec la version de toi que tu choisis vraiment de porter.
Pourquoi tirer avant et non après
Beaucoup tirent le tarot après un entretien pour savoir s'ils ont eu le poste. C'est souvent une mauvaise utilisation de l'outil. Le tarot n'est pas une boule de cristal sur le RH qui reçoit ton CV.
Tirer avant a une fonction très différente : c'est un moyen de poser sur la table ce qui d'habitude reste en arrière-plan. Tes peurs, ton enthousiasme, le piège dans lequel tu pourrais tomber, la qualité que tu oublies de revendiquer. Le tarot ne révèle rien que tu ne saches déjà — il rend visible ce que tu sais sans le formuler.
C'est l'opposé d'une consultation pour « savoir l'avenir » : c'est une consultation pour clarifier le présent.
La méthode pas à pas
1. Le bon moment
La veille au soir, dans un endroit calme. Pas dans le métro le matin même, pas en sortant d'une réunion pro. Tu as besoin de dix minutes vraiment à toi.
Si tu utilises des bougies ou de l'encens, tu peux les allumer. Sinon, un verre d'eau posé à côté du jeu suffit pour signaler que ce moment a un cadre.
2. La pose de question
Avant de mélanger, formule mentalement ou à voix basse : « J'ai un entretien demain pour [poste / entreprise]. Aide-moi à voir clair sur ce que je porte. »
À éviter : « Vais-je avoir le poste ? », « Le recruteur va-t-il m'aimer ? ». Ces questions placent ton pouvoir hors de toi. Le tirage te rendra moins serein, pas plus.
3. Le tirage
Mélange le jeu en pensant doucement à l'entretien. Quand le mélange te semble « fait », coupe avec la main gauche. Tire trois cartes, dans l'ordre, en les posant face cachée devant toi de gauche à droite.
Retourne-les une par une, en lisant celle-ci avant de passer à la suivante. Ne te précipite pas.
L'interprétation des trois positions
Carte 1 — Ce que je porte
C'est l'état dans lequel tu arrives. Si tu tires l'Impératrice, tu portes une créativité et une générosité qui peuvent illuminer ton discours. Si tu tires le Pendu, tu arrives avec un sentiment de blocage — utile à reconnaître, parce que cela t'invite à ne pas masquer une certaine fatigue ou une attente déçue d'un emploi précédent.
Cette carte n'est ni positive ni négative en soi. Elle t'informe sur le matériau brut que tu apportes à la conversation.
Carte 2 — Ce que je dois laisser à la porte
C'est souvent la carte la plus utile. Elle te montre ce qui, si tu l'apportes en entretien, va te desservir.
- Le Diable : laisse à la porte les compromis que tu accepterais par peur. Ne survends pas, ne mens pas sur tes compétences pour plaire.
- Le Bateleur : laisse à la porte la dispersion. Ne saute pas de sujet en sujet, ne montre pas vingt facettes différentes en quarante minutes.
- La Tour : laisse à la porte le besoin de tout bouleverser. Ne détruis pas par avance ce qui pourrait émerger.
Si la carte te dérange, c'est probablement qu'elle touche juste. Pose-toi alors : qu'est-ce que je fais régulièrement, dans ces situations, qui ressemble à ça ?
Carte 3 — Ce que je veux montrer
C'est la carte de l'intention. Pas « ce que je vais montrer » (cela dépend du moment, du recruteur, de mille choses), mais « ce que je veux montrer » : la qualité que tu choisis consciemment de mettre en avant.
- L'Étoile : tu veux montrer une foi calme dans le projet, une lumière intérieure qui ne dépend pas de l'approbation immédiate.
- La Force : tu veux montrer une douceur ferme, capable de maîtriser des situations difficiles sans dureté.
- Le Soleil : tu veux montrer une vitalité simple, une joie de faire qui ne s'excuse pas.
Cette carte devient ton intention pour la conversation — pas un masque, mais un cap.
Si tu tires une carte qui te fait peur
La Mort, le Diable, la Tour, le Pendu : ces cartes alarmantes sortent souvent dans les contextes professionnels. Elles ne signifient pas « tu vas rater ». Elles signalent une tension, un seuil, une reformulation à opérer.
- La Mort en position 1 : tu portes une fin de cycle. Cet entretien est peut-être celui qui doit clore une vieille version professionnelle de toi. Pas une catégorie négative.
- Le Diable en position 2 : ton attachement excessif au résultat est ce qui peut te trahir. Laisse-le à la porte, et l'entretien se tiendra plus léger.
- La Tour en position 3 : tu veux montrer une capacité à traverser le bouleversement. Ce qui, dans certains métiers, est une qualité majeure.
Une carte difficile demande de l'écouter, pas de la repousser. Elle est là pour faire ton travail intérieur à ta place quand tu n'arrives pas à le formuler seul·e.
Le matin de l'entretien : un geste court
Pas un autre tirage. Le tirage de la veille tient toute sa place — ne le dilue pas avec un second.
Le matin, choisis simplement une carte que tu as en tête, ou une pierre dans ta poche, qui rappelle l'intention de la position 3 (« ce que je veux montrer »). Une seconde de regard, une respiration. C'est tout.
L'objectif n'est pas que la carte fasse quelque chose. C'est que tu arrives en entretien avec ton intention vivante, pas oubliée dans le stress du transport ou du café trop fort.
Et après ?
Après l'entretien, beaucoup veulent tirer une carte « pour savoir ». Je le déconseille.
Le tarot ne sait pas si le RH va te rappeler. Il sait t'aider à te repositionner si la réponse arrive — dans un sens ou dans l'autre. Si tu tires après, tire plutôt : « Quoi qu'il arrive de cet entretien, qu'est-ce que je peux en faire ? ». Une carte. Une seule. Et tu rangeras le jeu.
Le pouvoir reste chez toi, l'entretien reste un échange humain qui ne se résume pas à un symptôme lisible dans 78 cartes.
Précautions
Le tarot est un outil d'introspection, pas un oracle de réussite professionnelle. Il ne décide pas à ta place, ne garantit aucun résultat, et ne remplace pas la préparation concrète de l'entretien (recherche sur l'entreprise, anticipation des questions techniques, mise au point sur ton parcours).
Si tu te trouves à tirer le tarot plusieurs fois pour la même question dans la journée, c'est le signe que ce n'est pas le tarot que tu cherches — c'est de la réassurance. Et la réassurance, le tarot ne la donne pas. Il rend la lucidité plus claire, et la lucidité fait partie du travail.
Si l'attente du résultat te fait beaucoup souffrir, c'est probablement un signal qui dépasse l'entretien : il y a peut-être un désir profond de reconnaissance, ou une situation pro précédente à dénouer. Un·e accompagnant·e (coach, psychologue, conseiller en évolution professionnelle) peut aider plus utilement que cinq tirages successifs.
Pour aller plus loin
Si tu débute avec le tarot et que cette méthode te semble trop avancée, commence par le premier tirage étape par étape. Le tirage du jour est aussi un excellent terrain d'entraînement quotidien, expliqué dans le tirage du jour, pratique quotidienne.
Sur la différence entre le tarot de Marseille et les autres jeux, et sur quelle structure choisir pour ce type de tirage : tarot vs oracle, quelle différence.
Pour aborder le tarot avec un cadre solide dès le départ : le guide complet du tarot de Marseille pose les fondations.
Tu peux aussi parcourir notre collection de tarots et oracles — chaque jeu est choisi pour sa qualité d'image et la profondeur de sa proposition symbolique.
Aux veilles d'entretien et aux entretiens eux-mêmes — que tu y arrives entier·e, sans masque, sans peur de prendre la place qui t'appartient.
— AURÆN
